Synopsis

Pour cette création, Stéphane Buisson a choisi de mettre en scène trois monologues tirés de Moulins à paroles (Talking Heads) d’Alan Bennett : Un lit parmi les lentilles, Une femme de lettres et La chance de sa vie.

– Un lit parmi les lentilles

Suzanne, épouse d’un vicaire anglican ambitieux, nous raconte avec humour, cynisme et clairvoyance sa vie dans l’ombre de son mari, ses relations superficielles avec les autres paroissiens et ses tentatives pour maintenir son rang. Face à l’hypocrisie de son existence, elle noie son désespoir dans le vin de messe. Jusqu’au jour où, à court de provisions, elle rencontre Monsieur Ramesh, un jeune indien qui tient une épicerie derrière l’hôpital…

– Une femme de lettres

Irène est l’anglaise parfaite : propre sur elle, “infaillible” et très attachée aux usages et à la bienséance. Pour combler sa solitude, elle s’est donnée pour passe-temps favori de dénoncer tout ce quelle juge être des manquements à la morale, des actes qui laissent à désirer ou encore des injustices. Elle s’adonne donc quotidiennement à l’écriture de lettres : elle fait la leçon aux députés, aux curés, aux médecins et même à la Reine d’Angleterre. Irène a un avis sur tout et ne se lasse pas de le faire savoir, sans qu’on le lui demande ! Mais à force de mettre son nez partout, quelque chose lui échappe. La machine s’emballe. Elle sème la terreur dans son quartier et se retrouve prise au piège.

– La chance de sa vie

Leslie, la trentaine, est une jeune actrice qui enchaîne les castings, les figurations et les petits rôles minables afin de percer dans le métier. Cette fois-ci, un tournage à bord d’un yacht pourrait bien changer sa vie et donner à sa carrière l’envol inespéré désarmante de naïveté, elle se jette à corps perdu dans son rôle et tombe dans tous les pièges du métier.

Ces captivants récits à la première personne, sont autant de géniaux raccourcis d’existences ordinaires. Avec une diabolique subtilité, le ton d’Alan Bennett oscille entre la comédie et le drame noir irrévocable.

Instantanés de vie, parenthèses amères et ironiques, mises à nu subtiles et poignantes. Un récit pimenté d’un humour désarmant de réalisme.

Note d’intention

Cette création évoque la solitude. Dans ce travail, Stéphane Buisson fait le choix d’évoquer ces trois monologues par un seul personnage. Trois histoires différentes, trois âges, trois personnages éloignés en apparence…ou comment trois monologues de femmes ne deviennent plus que le récit de vie d’une femme seule. Une femme, cette femme qui s’invente, se fantasme des vies, les enregistre et enfin les écoute comme pour se tenir compagnie.

Pour Seule(s), le choix des textes d’Alan Bennett permet de mettre en application le principe qui consiste à considérer les textes comme une matière propre à nourrir et développer une forme. Il pourrait s’agir d’un théâtre brut, quelque chose de dépouillé où chaque élément, chaque objet, chaque mouvement vient donner corps à une dramaturgie. Travail sur les images, travail graphique : l’idée de partir de quelque chose de très précis autour d’un lieu en laissant la possibilité au spectateur d’une grande liberté d’interprétation. Stéphane Buisson installe un début d’éléments, la scénographie est imaginée dès le départ, ensuite le texte vient épouser cette forme en le contraignant, en le faisant plier pour ajuster, affiner et révéler tout le propos. Le texte sert ici la forme.

C’est ce choix radical qui va donner un fil directeur à l’ensemble de la pièce. Au spectateur de se laisser envahir par l’émotion, par les paroles et ainsi se créer son propre chemin, sa propre lecture.

Distribution 

Mise en scène et direction d’acteur
Stéphane Buisson

Interprétation
Jocelyne Tournier

Univers sonore
Philippe Vuillermet

Création lumière
Jean Camilleri

Décors
Denis Faure

 

Création 2014

 

Production : compagnie Trafic
Co-production : L’Endroit

Ce projet a obtenu le soutien du Département de la Savoie et de la Ville de Chambéry