En pleine période fasciste italienne, nous assistons à la rencontre de deux êtres que tout semble séparer. Le pays en est à sa 16e année de fascisme et vit un tournant avec une fuite en avant : alliance allemande, lois raciales, déclaration de guerre (référence historique au 16 mai 1938). 

A Rome, le 8 mai 1938, Hitler rencontre Mussolini. Tous les Romains ont déserté leurs habitations pour aller assister à la cérémonie. Dans un grand immeuble, Antonietta, en bonne mère de famille nombreuse (conformément à l’endoctrinement mussolinien : un mari tout ce qu’il y a de plus machiste et six enfants), est contrainte de rester à la maison pour s’occuper des tâches ménagères alors qu’elle serait bien allée voir le Duce comme tout le monde. 

Le hasard va la mettre en contact avec un homme esseulé. 

Il s’agit de Gabriele, un intellectuel homosexuel qui, pour cette raison, a été exclu de la radio nationale où il était présentateur et est menacé de déportation. Antonietta et Gabriele, sur fond de retransmission radiodiffusée de la parade militaire émanant de chez la concierge, vont d’abord s’affronter idéologiquement avant de se reconnaître dans leur commune et profonde solitude pour finalement vivre d’intenses émotions. 

A l’issue de cette journée particulière, chacun va de nouveau se retrouver emprisonné : la police vient arrêter Gabriele tandis qu’Antonietta, une fois la famille revenue, va se soumettre, comme d’habitude, au devoir conjugal.

D’après Une journée particulière d’Ettore Scola
Adaptation pour le théâtre de Gigliola Fantoni et Ruggero Maccari
Traduction de Huguette Hatem

 

Note d’intention

Pour faire écho à la création Seul(e)-1 et ainsi pouvoir parler de diptyque, Stéphane Buisson fait le choix d’un titre identique. Les créations sont complémentaires sans être pour autant une suite. Elles résonnent, se regardent, se questionnent et creusent encore plus cette réflexion autour de la solitude.

L’idée est de mettre en scène, non plus une mais deux solitudes qui se rencontrent. Il s’agit de traiter de l’isolement d’une manière subtile et souterraine, comme cela se produit de nos jours et tenter de montrer l’aberration que constitue cette marginalisation.

Le décor, suffisamment exigu contribue à renforcer le sentiment d’oppression totalitaire subi par les personnages. L’univers sonore viend, à son tour, souligner cette impression.

Le propos et l’espace permette d’appliquer facilement la règle des trois unités du théâtre classique : même jour, même lieu, même sujet. A quelques nuances près, car c’est ici que se situe le travail de Stéphane Buisson : la lecture entre les lignes, la relation à inventer, la tension à provoquer…

Stéphane Buisson imagine la scénographie en amont pour que le texte vienne, ensuite, épouser cette forme en le contraignant. Scénographie qui finalement reprendra des airs du premier opus de Seule(s) – 1.

Au départ un postulat dicté par une œuvre et la tentative d’en proposer une autre lecture ; c’est sur ce principe que le metteur en scène s’appuie pour nourrir, construire et développer son intention et proposer un parti pris singulier.

Distribution 

Mise en scène et direction d’acteur
Stéphane Buisson

Interprétation
Alexandra Carlioz
et Pierre-Louis Lanier

Univers sonore et vidéo
Philippe Vuillermet

Création lumière
Jean Camilleri

Décors
Denis Faure

Création mars 2016

Durée : 1h05

 

Production : compagnie Trafic
Co-production : L’Endroit

Ce projet a obtenu le soutien du Département de la Savoie et de la Ville de Chambéry