d’après Costa le Rouge / Sylvain Levey

“PA. – Tu y as cru papa ?
PAPé. – à quoi ?
PA. – Au progrès.
PAPé. – Au confort plutôt.
J’ai cru à la chaleur d’un canapé.
J’ai cru au rapide du presse-orange électrique.
J’ai cru au pratique du Formica de la table à manger.
J’ai cru au féérique du supermarket à côté de chez soi.
J’ai cru au magique de la télé qui remplace le feu de cheminée.
J’ai cru au bruit qui remplace le silence.
J’ai cru à tout ça fiston.
Je les ai laissés me faire croire et maintenant c’est trop tard pour moi.”

Mise en scène
Stéphane Buisson

Collaboration à la mise en scène
Stéphanie Vuignier

Interprètes
Pierre Louis Lanier & Antoine Adobati, Lucie Bertrand, Sacha Buisson-Roux, Romane Cabart, Léna Décréau, Clément Duguit, Liv Guyetand, Margot Heckmann, Théophile Mathieu, Gil Perrissin, Chloé Roos

Univers sonores
Philippe Vuillermet

Lumières
Jean Camilleri

Co-production
L’Endroit, compagnie Trafic
Avec le soutien du Département de la Savoie

Synopsis

Costa le Rouge, c’est l’histoire de la transmission d’une génération à l’autre, du passage d’une époque révolue à un aujourd’hui incertain. C’est encore le renoncement des luttes remplacées par une consommation abîmant les êtres. Écrit par Sylvain Levey, théoriquement pour un jeune public, Costa le Rouge, est une oeuvre qui vacille entre le concret et l’abstrait. C’est comme ça, en tout cas, que l’affaire nous est présentée…

Note d’intention

Pour sa dernière création, Stéphane Buisson s’empare de ce texte : “Il semblerait que, plus que jamais, nous ayons besoin de faire du lien entre les générations, de trouver des liaisons, d’essayer de comprendre les articulations. L’idée est de mettre en scène un groupe de jeunes amateurs de théâtre, face à un interprète, tantôt conférencier, conteur, sociologue, père de famille ou grand-père. Il s’agit, en gardant l’essence du texte,de réinventer un dialogue avec les jeunes présents sur le plateau et de mettre en application le principe qui consiste à considérer le texte comme une matière propre à nourrir et développer une forme.”

Libre d’opérer des choix

Sylvain Levey, également comédien, est parmi les jeunes auteurs de théâtre les plus prometteurs. Son théâtre s’engage. Dès l’enfance, l’homme est conditionné par une société de fausses libertés ou grouille un petit monde trop policé de cochons qui s’ignorent, d’inceste familial, de couples sclérosés, de bourgeois engoncés dans leurs habitudes superficielles. Se dessine alors des personnages qui cependant se battent avec force.

Lors d’un entretien avec Sylvain Levey en mars 2011, parlant de cette pièce, il dit : “Le metteur en scène peut choisir le bois pour faire la commode.” En effet cette pièce, même si elle est structurée en vingt-huit séquences, ne répond pas à une dramaturgie classique et ne se structure pas nécessairement selon un déroulement logique et chronologique. Sylvain Levey avoue lui-même au cours du même entretien n’avoir pas hésité à faire des digressions. Le metteur en scène peut donc se sentir libre d’opérer des choix.